Juste plein de morceaux de mémoires, uniques, personnels, incompréhensibles pour toi, vous, eux.
Photos d'un moment de bonheur volé par un photomaton, quelque part dans une gare. Sourires gravés sur le papier, en noir et blanc. Intemporels. Bouts de plastiques souvenirs d'un verre, d'une glace ou de churros belges.
Petits galets volés au détour d'une plage, polis par les vagues, papier cigarette témoin d'une soirée de vacances, souvenir d'un inconnu presque inconnu.
Petit mot écrit à la va-vite sur un bout de carton, griffoné pour redonner le sourire, mots qu'on prononce dans la folie du moment et qu'on oublie si vite. *J'aurais aimé t'offrir la terre, mais personne n'a voulu me la vendre, la lune était inaccessible, alors je préfère t'offrir mes fautes d'orthographes, ma maladresse et en dessert, l'amour que je porte*.Mots mensonges qu'on se persuade de ressentir au fond de nous mais qui s'envolent ensuite vers le ciel, n'en reste que le souvenir, le souvenir d'un ancien bonheur.
Des souvenirs d'une première rencontre griffonés sur l'envers d'un carton de bière, ou sur l'emballage d'un papier cadeau. *Moi je suis fou... de toi*.
Une taupe témoin d'une fin d'après-midi sur un banc à Paris, un bout de plastique rose pour la plus grande amitié d'une vie.
Billets souvenirs de voyages en train, de rencontres improbables, de rêves presque réalisés. L'inconnu du train, fantasme de toutes.
Je range tout ça dans ma boîte, celle de ma mémoire, tout au fond de ma tête.
Sur l'étagère et quand ça te prend l'envie tu l'ouvres pour retrouver les odeurs du passé.


